Cette soie est une reproduction fidèle d’un tissu authentique retrouvé sur le site funéraire de Moshchevaya Balka, dans les gorges du Caucase du Nord — l’un des sites archéologiques les plus précieux pour les textiles médiévaux d’Eurasie. Les conditions climatiques exceptionnelles de la gorge ont préservé pendant plus de mille ans une collection de textiles d’une richesse incomparable, aujourd’hui conservée à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.
Cette soie est d’origine byzantine — Constantinople était au haut Moyen Âge le premier producteur de soie du monde occidental, jalousement gardant le secret de l’élevage des vers à soie qu’elle s’était approprié au VIe siècle, en faisant passer clandestinement des œufs de Chine. La soie byzantine était l’un des produits les plus précieux et les plus convoités de l’époque médiévale, signe extérieur de richesse et de pouvoir par excellence.
Retrouvée chez les Alains et Khazars du Caucase, cette soie témoigne des routes commerciales extraordinaires qui reliaient Constantinople aux mondes nomades et nordiques. Des bandes de soie byzantine ont été retrouvées jusqu’à Birka en Suède, portées par les élites vikings qui se les procuraient via la route commerciale de la Volga. Dans les sépultures scandinaves de haut rang, la soie est un marqueur infaillible de statut social : rois, jarls et grandes prêtresses portaient des vêtements ornés de bandes de soie précieuses.