Le casque d’Oskol a été exhumé en 1869 d’un kurgan — ces tumulus funéraires caractéristiques des peuples nomades des steppes — situé dans la région de Belgorod, en territoire russe actuel. Il était accompagné d’un sabre, de fragments de cotte de mailles et de pièces de monnaie byzantines : un assemblage révélateur des flux commerciaux et militaires qui traversaient les steppes entre les IXe et Xe siècles.
L’origine de ce casque reste une question ouverte. Il pourrait avoir appartenu à un nomade installé en territoire rus, ou être une production rus adoptant le style de l’Asie Centrale — à l’instar des casques de Gulbische et de Tchernigov. Des parallèles très proches existent en Sogdiane et en Iran pour la même période, témoignant de la diffusion des styles militaires à travers les routes des steppes.
Au Xe siècle, le puissant Empire Khazar — premier État stable de la steppe pontique, d’une superficie comparable à l’empire carolingien — affronte simultanément les Rus en expansion, les Byzantins, les Arabes et les Magyars. En moins d’un siècle, cet empire sera entièrement conquis. C’est le prince Sviatoslav Ier de Kiev qui porte le coup fatal en 965, rasant la capitale Itil. Le casque d’Oskol incarne cette période de confrontation intense entre les civilisations nomades des steppes et les puissances sédentaires environnantes.