Le Tarsoly (prononcer « Tarshoye »), aussi appelé escarcelle, est une sacoche à rabat originaire des peuples cavaliers nomades d’Asie centrale — Khazars, Magyars, Bulgares de la Volga. Conçu pour être suspendu à la ceinture, il constitue l’objet personnel par excellence du cavalier des steppes : léger, résistant, fermé par un rabat souvent richement orné, il protège les biens précieux tout en étant directement accessible en selle.
Son adoption par les Rus et les Varègues suédois témoigne de l’intensité des contacts culturels et commerciaux entre le monde scandinave et les cultures nomades des steppes. Les colons varègues de la Rus — ces marchands-guerriers suédois qui fondent et dominent les premiers États slaves — côtoient quotidiennement les peuples Khazars, Petchénègues et Bulgares dans leurs voyages commerciaux le long de la Volga et du Dniepr. Le Tarsoly suit naturellement ces routes commerciales, adopté comme accessoire de prestige par une élite rus et suédoise soucieuse de s’identifier à l’esthétique orientale.
La diffusion géographique du Tarsoly est étonnante : on en trouve des exemplaires dans les villes rus — Gnezdovo, Kiev, Novgorod —, mais aussi à Birka en Suède, comptoir commercial du lac Mälar, et même dans les colonies vikings de Dublin en Irlande. Cette extraordinaire dispersion illustre comment un objet nomade des steppes d’Asie centrale pouvait, en moins de deux siècles, traverser l’ensemble du monde viking grâce aux réseaux commerciaux de l’ère viking.
Les Tarsoly hongrois et rus les plus riches sont ornés de plaques en bronze doré, d’entrelacs zoomorphes et de motifs végétaux — un vocabulaire décoratif qui mélange influences orientales, scandinaves et byzantines. Notre reproduction propose une version en cuir épais, sobre et fonctionnel, qui peut accueillir une bourse, un couteau pliant ou de petits objets précieux.