Le casque Palatin occupe une place à part dans le paysage de l’armement médiéval : aucun exemplaire archéologique n’a été retrouvé à ce jour, pourtant il apparaît de façon récurrente dans les représentations iconographiques carolingiennes sur trois siècles consécutifs. C’est ce paradoxe — l’abondance de sources visuelles face à l’absence de vestige physique — qui en fait l’un des sujets les plus débattus de la reconstitution historique franque.
Notre interprétation s’appuie exclusivement sur les sources iconographiques :
Certains chercheurs interprètent ce casque comme une convention artistique influencée par la mode byzantine — la cour impériale franque étant fortement inspirée de l’esthétique de Constantinople. Nous défendons la thèse inverse : les mêmes artistes qui auraient idéalisé les casques représentent avec une précision remarquable les tuniques, fers de lance, écus, umbos, jambières et cottes d’écailles. Pourquoi les casques seraient-ils seuls frappés d’imprecision ? Sa forme évasée — qui offre une excellente protection contre les coups portés d’en haut et une visibilité optimale — trouve des parallèles dans des casques celtes, grecs tardifs, et dans certaines salades du haut Moyen Âge.
Sur les enluminures carolingiennes, le casque Palatin équipe systématiquement des combattants fortement armurés — possiblement la légendaire cavalerie lourde franque qui forma le cœur des armées de Charlemagne et de ses successeurs. C’est cette cavalerie qui repoussera les Sarrasins à Poitiers (732), combattra les Saxons, les Avars et les Lombards, et fondera l’armée féodale européenne.