Découverte en 1936 dans une tourbière de l’île d’Andøya au nord de la Norvège, la tenue de Skjoldehamn est l’une des découvertes textiles archéologiques les plus complètes du haut Moyen Âge scandinave. Elle comprenait deux tuniques superposées, un pantalon, une ceinture à galon tressé, et le chaperon caractéristique — l’ensemble préservé grâce aux propriétés conservatrices de la tourbe. Aujourd’hui exposée au Musée de Tromsø, elle reste une référence incontournable pour la reconstitution viking et sámi.
L’origine de la tenue de Skjoldehamn alimente depuis des décennies un débat passionné parmi archéologues et reconstituteurs :
Notre parti pris : proposer une version de combat fidèle à la tenue originale, sans trancher ce débat — chaque reconstituteur choisit son identité culturelle.
Au Xe–XIe siècle, les Sámi et les Norrois entretiennent des relations complexes et millenniales dans les régions septentrionales de la Scandinavie. Les textes norrois — notamment les sagas — décrivent les Sámi comme des peoples dotés de pouvoirs magiques particuliers (seiðr), respectés pour leur connaissance du Grand Nord. En échange de fourrures d’élite, de duvet d’eider et de peaux de renne, les marchands norrois apportent des céréales, du métal et des objets artisanaux. Cette zone de contact est aussi une zone d’échange culturel intense, dont la tenue de Skjoldehamn est peut-être le témoignage le plus tangible.