La ceinture forgée s’inspire de deux découvertes archéologiques majeures : la sépulture de Gjermundbu en Norvège (la même qui a livré le célèbre casque viking), et les fouilles du port de Hedeby au Danemark. Ces deux sites, parmi les plus riches de l’ère viking, ont livré des ceintures simples, à boucle en fer ou en bronze, sans ornementation excessive.
Ce style de ceinture — sobre, fonctionnel, résistant — est bien représentatif d’une certaine catégorie de porteurs : le guerrier professionnel qui ne souhaite pas risquer d’abîmer une belle pièce au combat, ou l’artisan et le marchand qui préfère la solidité à l’ostentation. Bien que de nombreuses ceintures ornées aient été retrouvées dans les fouilles, celles-ci correspondent davantage à la noblesse ou à des contextes de parade. La ceinture forgée est celle du quotidien — et du combat.
Si les deux sources archéologiques principales de cette ceinture sont scandinaves, ce type de boucle forgée simple a été retrouvé dans toute l’Europe de l’Ouest, du Xe au XIIe siècle. Francs, Anglo-Saxons, Normands, Ottoniens : tous portaient des ceintures similaires dans leurs contextes militaires et artisanaux. La ceinture forgée est ainsi une pièce polyvalente, compatible avec de nombreuses reconstitutions du haut Moyen Âge.